Valeurs universitaires, gestion des établissements et politiques publiques [E-Book] / David Ward
Ward, David.
Paris : OECD Publishing, 2007
15 p.
französisch
10.1787/hemp-v19-art8-fr
Education
Full Text
Si les impacts sur l’enseignement supérieur des politiques et des revenus liés au marché ne sont pas uniformes, la mondialisation a toutefois exposé la plupart des établissements à de nouvelles pressions. Les modèles de financement public élaborés il y a 50 ans ont sous-estimé le coût total de l’enseignement supérieur de masse en tant que droit pour tous, tandis que la quantité des ressources nécessaires pour maintenir une université de recherche polyvalente exige, pour la majorité des établissements, un équilibre plus nuancé entre recherche et enseignement. Ces mêmes pressions menacent l’accès équitable si l’augmentation des frais de scolarité n’est pas compensée en totalité par une aide financière adaptée et fondée sur les besoins, alors même qu’en l’absence de pressions sur les frais de scolarité, l’accroissement de la participation non consolidée des étudiants nuit à la qualité de l’enseignement supérieur. Dans ce contexte, la hausse des besoins en financement est souvent justifiée par des objectifs utilitaires affectant les ambitions de la recherche et de la mission professorale et corrompant l’équilibre de l’évolution des programmes d’études. En revanche, l’élargissement de la gamme de sources de revenus disponibles engendre des occasions pour les établissements de fixer des priorités plus créatives et moins réglementées. Les impacts potentiels des intérêts privés sur l’enseignement supérieur sont bien connus mais une dépendance au financement par l’État – dépendance souvent singulière et témoignant d’une certaine vulnérabilité politique – peut être à même de détourner les valeurs universitaires. Au moment où les établissements d’enseignement supérieur clarifient leurs valeurs afin de faire front aux pressions mondiales pour fournir un enseignement supérieur de masse et pour satisfaire les besoins de l’économie du savoir, ils doivent également remplir leur rôle de pôles d’imagination, d’innovation, de débat, de scepticisme et de questionnement. Ces valeurs sont elles aussi essentielles à l’heure où les décideurs de l’enseignement supérieur cherchent à se confronter aux évolutions qu’ils doivent eux-mêmes instaurer dans leurs établissements.